Fragments de vie migrantes

Rue du rempart – Strasbourg

Les photos qui vont suivre sont les dernières traces d’une situation qui a duré près de cinq mois, de mai à octobre 2017, et que la ville a souhaité effacer.

 

Des fragments de vie migrantes, qui furent, jusqu’au 4 octobre 2017, installés sur le camp de la rue de rempart à Strasbourg.

Nous avions prévu de documenter leurs vies et leurs luttes pour éviter une reconduite à la frontière pendant les deux mois à venir, alors que le tribunal des référés avaient pris la décision de fermer le camp définitivement le 21 décembre 2017.

La situation a cependant évolué étonnement rapidement, lorsque l’eurométropole a proposé aux familles qui le souhaitaient, quelques nuits dans un gymnase à l’abri et au sec, le 4 octobre. Cela a permis, le même jour, de vider entièrement les espaces occupés et d’en labourer la terre, évitant ainsi une réinstallation des migrants.

Ce même gymnase n’est ouvert que pour une semaine, et après ? Certains seront déboutés de manière certaine et renvoyés dans leur pays, en Albanie, en Serbie. Pour les autres, à partir de 14h, ils se retrouveront à nouveau à la rue, et cette fois-ci sans que les associations qui leur étaient venues en aide auparavant ne sachent où ils se trouvent.

Nous avons été frappé par le manque d’information de la population locale quand à la situation rue du rempart.

Beaucoup ne savent pas qu’à deux pas de la gare, une centaine de personnes, dont des enfants en bas âge, vivaient dans des conditions déplorables.

Nous avons décidé d’entrer en contact avec ces personnes dormant sous tente dans le but de nouer une certaine amitié et de pouvoir, à travers la photographie, raconter quelques moments de leur vie. Un projet qui, ni dans le contenu ni dans la forme, n’existe à ce jour.

Nous souhaitons offrir aux habitants de Strasbourg (ainsi qu’aux migrants eux-mêmes) une petite part de leur humanité dans les semaines qui viennent, sans prendre parti. Notre but est donc d’entreprendre un reportage social basé sur des éléments capturés et des conversations partagées et entendues.

Les photos qui vont suivre sont donc les dernières traces d’une situation qui a duré près de cinq mois, de mai à octobre, et que la ville a souhaité effacer.

La photographie est un témoignage, pour que ces hommes, femmes, enfants, ne disparaissent pas complètement.

Texte écrit par Thomas Cytrynowicz.

Projet réalisé avec Thomas Cytrynowicz.

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