Manuel Valls et le revenu universel : du soutien à l’opprobre

Le Premier ministre avait soutenu un projet d’expérimentation du revenu universel en Gironde, mesure qu’il critique vivement aujourd’hui.

Contradiction. Depuis le début de la primaire de gauche, Manuel Valls n’a cessé de marteler son désaveu pour le revenu universel : « Je ne crois pas au revenu universel (…) C’est un dispositif infinançable ». Un revenu pour tous qui est aujourd’hui le fer-de-lance de son adversaire à la primaire de gauche, Benoit Hamon. Pourtant, Manuel Valls n’a pas toujours tenu des propos aussi durs sur cette mesure. Lorsqu’il était encore Premier ministre, il avait affirmé, à l’occasion d’un discours à Bordeaux le 27 octobre 2016, son support pour le revenu universel : « C’est un dispositif auquel je crois beaucoup ».

C’est en effet ce que l’on trouve sur le site officiel du gouvernement, où sont relayés les propos du Premier ministre de l’époque : « Le revenu universel que je défends, c’est une grande innovation sociale : garantir un revenu à tous et à tout moment ».

Manuel Valls avait alors salué un projet d’expérimentation de fusion de tous les dispositifs d’aides, tel le « RSA, l’allocation pour les chômeurs en fin de droit, ou encore le minimum vieillesse », en une seule mesure.

Lors de son discours à Bordeaux, il soulignait l’impératif d’amélioration de la protection sociale, face à l’apparition de nouveaux risques liés à l’évolution de notre société « Nous sommes dans un autre monde, avec une multiplication des emplois à temps partiel, des contrats courts, des périodes de chômage, dans une économie qui ne connaîtra plus les taux de croissance du passé ». Le Premier ministre considérait même ce revenu de base garanti, comme un tremplin à l’initiative « encourageant l’entrepreneuriat en assurant aux Français qu’ils seront protégés en cas d’échec ».

Plus qu’un simple soutien, c’était une véritable perspective pour Manuel Valls, qui le considérait comme « l’horizon d’un quinquennat futur ».
Une position radicalement infléchie aujourd’hui. À l’issue du premier tour de la primaire qui avait lieu dimanche dernier, il déclarait : « Je ne crois pas au revenu universel, à son coût exorbitant augmentant massivement les impôts, ce n’est pas ma conception de la dignité, du travail et de la redistribution ».

Le candidat à l’élection présidentielle a-t-il simplement mûri son opinion sur le sujet, ou ne fait-il que revêtir le costume d’une « girouette », adaptant son discours au gré des vents opportunistes ?

Un changement d’orientation qui n’est pas isolé chez le maire d’Évry. Lors de son entrée en campagne présidentielle, il s’était déjà attiré de lourdes critiques dans l’opinion en faisant part de son intention de supprimer l’article 49-3 de la constitution. Cette mesure permettant de faire adopter une loi sans le vote du parlement avait pourtant été utilisée six fois par le chef du gouvernement.

Des prises de position qui s’opposent radicalement, marquant un écart profond entre-le Manuel Valls « Premier ministre » et le « candidat à l’élection présidentielle ».

Son adversaire Benoit Hamon ne devrait pas manquer de se saisir de telles contradictions de propos lors du prochain débat des primaires de la gauche mercredi soir.

Simon Wohlfahrt.

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