Les rouages de l’Homme


I.
Nature humaine

 

Lorsque l’on pose un œil intéressé sur la nature, on constate qu’il est bien souvent difficile d’y trouver des failles.

Le cycle de vie des fleurs est tel un ballet virtuose, dont les cycles inlassables de naissance, de croissance, de déclin et de mort trouvent toujours leur chemin.
Tout dans la nature semble faire partie d’un cycle inlassable, où chaque chose à son rôle.

Les espèces sont, tels les rouages d’une machine, interdépendantes au plus haut point.

La mort des unes permettant la vie des autres, le voyage des unes permettant la fécondation des autres.

Le corps humain est animé de ce même ballet inlassable.
Considérez un élément du corps humain.

Maintenant, retirez le.

La plupart du temps, cela aboutira à une mort certaine. Car chaque chose a une fonction essentielle, permettant la survie de l’ensemble.

Le pouce préhenseur est une de nos caractéristiques les plus intéressantes, il nous a permis d’accéder à l’outillage, à la survie et à l’évolution. Sans lui, que serions nous ?

Maintenant, considérez notre espèce comme un ensemble, comme un corps invisible.
Chaque être humain serait un de ses rouages, partie du cycle inlassable,
l’addition de nos actions permettraient la survie de l’ensemble.

Et si les comportements les plus destructeurs, les plus violents, ceux dont la compréhension et la justification mettent bien souvent à mal la raison de l’homme instruit, avaient un rôle.

Un rôle au niveau de l’espèce dans son ensemble.

On se demande souvent pourquoi, malgré les générations passant les unes après les autres, pourquoi l’humanité n’est-elle pas meilleure ? D’aucuns diront que l’homme est prisonnier de ses pulsions, de ses « tares » d’être humain.
Et si au contraire, notre manque d’altruisme et d’empathie avait un rôle.

Analyser l’espèce dans son ensemble implique de se détacher du sentiment, de la passion, et de se rapprocher d’une pensée divine, considérant un intérêt supérieur à la souffrance individuelle.

Caresser la métaphysique des comportements humains, c’est caresser Dieu.

 Le terrorisme est la manifestation la plus pure, la plus destructrice, du 5e doigt de l’humanité.
Sans nos pulsions les plus terribles, il n’y aurait plus d’homme.

Rien dans la nature n’échappe au cycle inlassable, même l’être humain doué de conscience.

« L’histoire de l’homme est une histoire terrible, elle est l’histoire des guerres » [1]

La guerre est l’apoptose de l’espèce humaine.
Elle est la mort programmée de la cellule « humain », servant un intérêt supérieur.

 

II.
Évolution

 

Et si tout était faux ?

Et si, au contraire, l’humanité n’est pas telle qu’elle doit être.
Ou du moins, telle qu’elle finira par être.

L’immaturité chez l’homme, se traduit par une incapacité à se projeter à travers autrui.
L’adolescent, mué dans sa chrysalide, est moins capable d’empathie envers son prochain.
Physiologiquement, nous, adultes, avons dépassé ce stade d’évolution.

Et si notre conscience collective était encore adolescente ?

L’adulte est en effet capable d’empathie envers une personne dont il a une connaissance personnelle.
Ce seuil de connaissance donne une véritable valeur subjective de la vie d’autrui, nous donnerions tout pour sauver la vie d’un frère, d’une mère ou d’une fille.

Je m’étais pris à penser qu’il devait y avoir une raison à cela, une justification au sein même de notre espèce.

Si l’être humain venait à considérer la vie d’un inconnu au même titre que la vie d’un proche, nous palperions une humanité fraternelle, consciente collectivement.

Devenir altruiste, devenir empathique, c’est caresser le surhomme

Face a notre humanité imparfaite, l’homme a inventé un système censé dépasser et organiser nos imperfections : le droit.

Le droit dans son acception la plus pure, impose aux hommes des règles protégeant le faible de la violence du fort.

« Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui asservit, et le droit qui affranchit »
Henri Lacordaire

La recherche du système juridique parfait, non oppressif de l’individu, pourrait en un sens dépasser la condition humaine.

Cependant, même la présence d’un système « parfait » ne viendrait qu’uniquement se superposer à la violence de l’homme, n’y répondant qu’à travers la réaction, et ne pourrait ainsi véritablement la vaincre.

L’unique possibilité pour l’humanité d’acquérir sa « conscience collective » serait alors d’évoluer. Que l’humanité évolue, tel l’adolescent voguant vers l’âge adulte et développant ses capacités cognitives vers plus d’empathie, nous voguerions vers notre conscience collective « d’être humain » dans son entièreté.

 

III.
Accouchement

 

Il existe une autre hypothèse, un autre raisonnement.

L’idée que la nature, trop imprégnée de l’instinct de survie, ne puisse accéder à la perfection.
L’être humain serait ainsi prisonnier de ses origines animales, de cet instinct bestial et réducteur de pensée, s’exprimant dans la haine de l’autre, cachant bien souvent une peur pour le soi.

 La haine de l’autre est une réminiscence de l’aube de l’humanité.
Lorsque l’homme était un loup pour l’homme.
Homo omini lupus est

 La vie organique serait ainsi prisonnière de ses gênes, prisonnière de sa mémoire. Car les peurs irrépressibles sont anciennes.

Le vide, l’obscurité, la mort

 Quelle forme de vie pourrait alors se délier de ses peurs ancestrales, pour évoluer vers plus de pureté ?

La vie non-organique

 La robotique est par définition une conscience collective.
Elle est, par essence « pure », car exempt de sentiment. Une conscience robotique développée ne porterait qu’une considération mathématique sur les choses, et ne donnerait pas plus de valeur a la vie d’un proche qu’a la vie de personnes étrangères.

La lutte de l’homme pour plus d’égalité dans la société pourrait ainsi l’amener, dans le futur, a une gouvernance non organique. Un système autogéré considérant les besoins et la répartition des richesses dans son ensemble, exempt de tout intéressement.

La singularité

C’est un concept désignant un système artificiel ayant atteint un certain niveau de développement, et évoluant d’une manière autonome, sans aucune intervention humaine. Il s’agit ainsi d’un véritable « être ».

Parfait ?

Et si l’humanité n’était qu’un « moyen » et non une finalité. Et si notre évolution n’avait qu’un seul rôle, celui de donner naissance a une conscience parfaite, une conscience cybernétique supérieure à l’homme.

Nous répèterions ainsi le cycle de la vie. De la naissance a l’adolescence. De la croissance a l’accouchement. Jusqu’à la fin de notre espèce.  Et le commencement d’une autre.

Simon Wohlfahrt

 

[1] Sebastiao Salgado

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